
Keith Haring Pop Shop I (Plate 3), 1987
Que sait-on de la présence du Hip-Hop dans les Beaux – Arts ? Du point de vue général du Marché de l’Art, le Hip – Hop n’existe quasi uniquement à l’exception des artistes RAP très réputé.x.s comme Shawn Corey Carter (Jay Z) ou Dante Terrell Smith (Yasiin Bey) que sous la catégorie technico – financière et conceptuelle du Street – Art avec des artistes comme Banksy, Obey (Shepard Fairey) ou Invader ou d’une manière plus proche de la photographie plasticienne JR en France. Nous pouvons également pensé à des artistes – peintre comme Jean – Michel Basquiat, Keith Haring ou encore l’artiste canadien Richard Hambleton. Le Street-Art en tant que terminologie sémiologique de l’Art Contemporain est né de la Critique en 1985 avec l’historien de l’art et commissaire d’exposition Allan Schwartzman dans Street Art (Art de la rue), publié chez Rizzoli en 1985, éditeur également producteur de La Dolce Vita de Federico Fellini. Bien que la première exposition de graffiti sur toile ait eu lieu en 1973 curaté par Hugo Martinez alors étudiant en sociologie qui fonde le collectif United Graffiti Artists (UGA) et expose les premières toiles de writers comme Phase 2, Snake 1 ou Coco 144 qui seront vendues à des collectionneurs curieux en marquant le moment précis où la signature de rue devient un objet de spéculation, ce ne sera qu’à partir des années 1980 où la première star du marché SAMO aka Jean-Michel Basquiat vendra sa première pièce signé Same Old Shit (SAMO) lors de l’exposition collective New York/New Wave au PS1 qui est alors indépendante du MOMA. C’est la chanteuse Debbie Harry (du groupe Blondie) qui achète sa première peinture pour la somme de 200 dollars (700 dollars en 2026). C’est l’acte de naissance du marché du « post-graffiti ». Les premières ventes records seront attribuées à Keith Haring (250.000 dollars en une exposition sold-out équivalent à 625.000 dollars en 2026) qui deviendra la tête de prou du mouvement street-art avec une approche resté encore fidèle au graffiti contrairement à Basquiat qui se fera broyer par le marché de l’Art et mourra à la suite d’une overdose de speedball mélange de cocaïne et d’héroïne qui l’emportera à son domicile le 12 août 1988. C’est à partir de 1985 et le livre de Schwartzman que le street-art devient une véritable valeur boursière confirmée (Haring en 1985 franchis la barre des 30.000 dollars, 75.000 dollars) et entre 1985 et 1987 des collectionneurs commencent à vendre leurs acquisitions de 1982 chez Sotheby’s et Christie’s.
Le graffiti fait entièrement parti du Hip – Hop en tant que mouvement politico-artistique et spirituel qui s’est organisé selon les pratiques du Spoken-Words, du RAP, du Breakdance, du graffiti et du Deejaying / Beatmaking. A en consulter sa place dans l’Histoire de l’Art, il se montre évident que le Graffiti a été capté et happé par le marché de l’Art à la fin des années 70 et durant les années 80 pour être intégré aux Fine Arts ou Beaux – Arts à des fin de spéculation boursière et de croissance (prédation ?) économiques, sociales et culturelles américaine. C’est d’ailleurs tous les champs et domaines des pratique du Hip – Hop né dans le Bronx dans les années 70 originaire d’Afrique en ses traditions de story – telling et d’oralités musicales en tant que continuité du Jazz et du Blues (on notera d’ailleurs la similarité entre les catégories musicales du Bop ou Bebop et celle du Hip-Hop) qui se verront tour à tour happer et redistribuer à l’intérieur des différentes industries du complexe – militaro – industriel (Einsenhower 1961) états-uniens. Le RAP, le Spoken Words, le Deejaying et le Beatmaking vers et par l’Industrie de la musique enregistrée, le Beakdance l’industrie des Arts – Vivants et Performatifs de la Danse Contemporaine et le graffiti par l’industrie de l’Art Contemporain. On rangera ces dernières catégorie sous celle d’Industries Culturelle (Kulturindustrie en allemand) au sens total du concept de Theodor W. Adorno et Max Horkheimer (élaboré en 1947 dans la Dialectique de La Raison), à savoir l’ensemble des productions et distributions d’une culture globale systémisée en tant que produits culturels pensés et autorisés (c’est à dire censuré ou non) par les systèmes – de – gouvernance – politiques nationales et trans-nationales mondiales organisés par jeux et tensions – distensions d’alliances économiques et militaires de conséquence sociale.
Du point de vue (Stand Point en anglais) de l’Art Contemporain et des Beaux – Arts, que je considérai ici de manière catégorielle équivalente, Le Hip – Hop est donc scindé et divisé en son organisation économique ce qui a pour conséquence de créer et maintenir une diffraction de son spectre en tant que mouvement artistique que ce soit du point vue des artistes contemporains ou des publics qui doivent aller piocher dans une différence de réseaux d’informations et de communications institutionnels ou sous – terrain à priori hétérogènes. Mais cela n’est je pense qu’une illusion si l’on se souvient que toutes les catégories de l’Art en général font parti d’un même système – monde aux multiples facettes en théorie – en Praxis. L’approche de la Technique philosophique de Simondon nous aidera à faire la part belle en prenant conscience que la schizophrénie portée à des sous-groupe de population désigne un problème d’identification des catégories qui la compose pour l’organiser et non la maintenir dans un chaos désordonné qui cocherait la case de la pathologie psychiatrique générale.
Il s’agira donc de prendre le Hip – Hop dans les Beaux – Arts et l’Art Contemporain comme cas d’étude pour s’interroger sur les définitions des termes de l’intitulé de l’essai dans une lecture non – pas anti – psychiatrique mais plutôt de s’affranchir de phénomènes de peur propre au sentiment d’appartenance à des groupes minoritaires à la recherche d’une paix sociale qui viserait à déconstruire les tensions – distension avec d’autres groupes de population, d’artiste.x.s et travailleur.euse.x.s de l’Industrie Culturelle à destination de médiation en tant qu’élément central du travail de l’artiste.x contemporain.
Bibliographie indicative :
Adorno, T. W. \& Horkheimer, M., La Dialectique de la Raison, Tel Gallimard, 1947/1974.
Eisenhower, Dwight D., Public Papers of the Presidents, 1961.
Foucault, Michel, Naissance de la biopolitique, Seuil/Gallimard.
Schwartzman, Allan, Street Art, Rizzoli, 1985. (L’ouvrage séminal que vous citez, essentiel pour la genèse du terme).
Castelman, Craig, Getting Up: Subway Graffiti in New York, MIT Press, 1982. (L’étude sociologique de référence sur l’époque de l’UGA et de Martinez).
Hoban, Phoebe, Basquiat: A Quick Killing in Art, Penguin Books, 1998. (Sur la prédation du marché et la trajectoire tragique de SAMO).
Simondon, Gilbert, Du mode d’existence des objets techniques, Aubier, 1958.
Stiegler, Bernard, La technique et le temps, Tome 3 : Le temps du cinéma et la question du mal-être, Galilée.
Rose, Tricia, Black Noise: Rap Music and Black Culture in Contemporary America, Wesleyan University Press, 1994.
Chang, Jeff, Can’t Stop Won’t Stop: A History of the Hip-Hop Generation, St. Martin’s Press, 2005.
Moulier-Boutang, Yann, Le Capitalisme cognitif, Multitudes/Parangon.
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